Paire de peintures anciennes sur ardoise, sujet religieux, XVIIe siècle
- Dimensions :
- H37 x L26 x P3
- Couleur :
- noir
- Matériaux :
- pierre et plâtre
- Style :
- classique
Huile sur ardoise. Deux exemples de peinture à l'huile sur pierre sont proposés ici, un genre pictural particulièrement populaire dans la République de Venise entre les 16th et 17th siècles, sous la forme de peinture à l'huile sur ardoise ou pierre de touche. Le choix d'une pierre aussi sombre comme fond n'est pas seulement lié à des raisons pratiques (la proximité des mines de Brescia et de Val Brembana), mais, comme nos deux œuvres le démontrent clairement, l'émergence des figures depuis le fond sombre répond aussi aux nouvelles exigences de la peinture de l'époque, qui, dans le climat de la Contre-Réforme, tendait à exprimer non seulement les certitudes existentielles idéalisées de la pleine Renaissance, mais aussi les inquiétudes et l'ouverture à de nouvelles phases, déjà avec Tintoretto vers une plus grande attention à la réalité et aux contrastes luministes, pour ensuite confluer de manière écrasante dans les recherches du XVIIe siècle fortement centrées sur l'association contrastée de la lumière et de l'ombre. Les deux œuvres présentées ici, pleinement inscrites dans la production de la zone vénitienne des premières décennies du 17th siècle, proposent deux figures de saints, tous deux ermites, placées sur un fond naturaliste sombre, à peine visible. La figure de Madeleine émerge de l'obscurité, s'inclinant pour suivre la courbe du support en pierre; elle est représentée regardant avec interrogation vers l'obscurité, comme dans une attitude d'écoute, la main gauche levée et l'autre posée sur le « memento mori » remarquablement raccourci. Devant elle, un fouet et le pot d'onguent. Peint en pendant, Saint Jean-Baptiste est représenté comme un jeune homme, avec un agneau à ses pieds, tenant dans sa main la croix processionnelle avec la bannière « ecce agnus dei », tandis que de sa main droite il puise à la source d'eau, rappelant l'épisode qui verra Jésus-Christ baptisé. Dans les deux peintures, les figures se détachent de manière forte et incisive grâce au noir qui caractérise la plaque d'ardoise sur laquelle elles sont représentées. Les deux peintures, de format ovale, sont présentées dans des cadres en bois noir, de la fin du 19th siècle.