Lampe en céramique, l'enfance onirique – W. Schilder, Allemagne, c. 1970
- Dimensions :
- H52 x L45 x P45
- Couleur :
- vert
- Matériaux :
- céramique, porcelaine et faïence
- Style :
- art nouveau
Rare et profondément poétique, cette lampe-sculpture en céramique émaillée réalisée vers 1970 par l’artiste allemande Waltraud Schilder se situe à la frontière subtile entre œuvre sculpturale et objet lumineux. Elle incarne une vision sensible et humaniste, caractéristique du travail de l’artiste, où la figuration dialogue intimement avec la nature et le souvenir. La base en céramique forme une scène délicatement narrative : deux enfants sont assis sous un arbre, proches l’un de l’autre, dans une posture calme et contemplative. Leurs visages, volontairement simples et adoucis, semblent presque effacés par le temps, comme des figures issues de la mémoire ou d’un rêve. Ils évoquent l’enfance dans ce qu’elle a de plus universel : l’innocence, la quiétude, l’abandon confiant au monde qui les entoure. L’arbre, généreusement sculpté, déploie un feuillage dense et protecteur. De petits oiseaux nichés dans les branches renforcent cette impression de nature bienveillante, refuge silencieux et rassurant. Le travail de la céramique, richement texturé, révèle une maîtrise remarquable : feuillage en relief, modelé presque organique, émaux multicolores nuancés de verts profonds, de bruns terreux et de bleus sourds. L’ensemble semble émerger de la terre elle-même, comme un fragment de paysage figé dans le temps. Cette scène évoque un univers de conte, un monde préservé et paisible, à l’écart de toute agitation. Elle suggère un instant suspendu, une image intime et intemporelle où la lumière devient messagère du souvenir. La lampe ne raconte pas une histoire précise : elle laisse place à l’imaginaire, à la projection personnelle, à la réminiscence d’une enfance rêvée ou idéalisée. L’ensemble est surmonté d’un superbe abat-jour en vitrail de style Tiffany, composé de verres opalescents et irisés aux tonalités de bleu, vert d’eau et nacré.